Tarastre
Si la Tarastre est sans aucun doute la brume la plus spectaculaire de Vertoile, c’est que sa présence ne passe jamais inaperçue. A cause de sa couleur, on peut parfois la confondre avec une infestation de purpurine , et finalement on se sent toujours soulagé de reconnaître ses volutes vaporeuses. Elle n’est pas inoffensive pour autant, et les habitants de la forêt savent demeurer vigilants quant à ses rares apparitions.
Aspect & comportement
Il n’existe pas beaucoup de brumes qui adoptent une forme aussi caractéristique que la Tarastre : celle-ci ressemble invariablement à un amas de tentacules de belle taille, de couleur rouge écarlate et constituées de vapeurs très concentrées et opaques. Le nœud central de ce qu’on appelle l’agrégat bouge lui-même assez lentement et se déplace au sol de la forêt à la vitesse d’un homme qui marche. En revanche, les excroissances brumiques viennent rouler sur les reliefs tout autour avec une toute autre vivacité… Celles-ci ne se contentent pas de lécher la surface et s’enroulent régulièrement le long des troncs pour s’élever en altitude et chatouiller les planchers des villages perchés. Les plus longs filaments peuvent tout à fait se hisser jusqu’à balayer les habitations et les traverser de brume nocive.
Contrairement à la Nodelude , la Tarastre est efficacement contrée par les Eochasses - bien qu’elle ne semble pas particulièrement sujette au vent par ailleurs. Les colonies équipées de cette technologie peuvent ainsi s’éviter de laborieuses évacuations, ainsi que les accidents inhérents à sa présence, si la brume rouge n’insiste pas trop. Pour les autres, il faut fuir, et compter sur sa réserve de mousses ignifuges…Fort heureusement, la Tarastre est notablement plus timide que ses soeurs vertoilées, aussi ce cas de figure arrive rarement.
Effets
On pourrait croire que la Tarastre, en digne brume de la forêt, serait empoisonnée, mais il s’agit en réalité d’une brume brûlante. Elle dégage une très forte chaleur, et côtoyer ses dangereuses tentacules, c’est déjà évoluer dans une fournaise. Être traversé par elle équivaut à se tenir dans un feu ardent, et provoque de très graves brûlures à court terme. Des malheureux qui se retrouvent piégés à l’intérieur, on ne retrouve que des cadavres carbonisés…
La faune, dans son intégralité et sans exception, fuit la Tarastre aussi vivement que les véléides, mais la flore ne semble nullement affectée par elle. Certaines plantes se recroquevillent ou déploient divers mécanismes de défense, et l’écorce des troncs semble là aussi jouer de ses propriétés pour préserver les arbres. Considérant la chaleur dégagée par l’agrégat, on pourrait s’attendre à ce que la Tarastre laisse des traces noircies dans le paysage forestier, pourtant il n’en est rien. C’est comme si la forêt s’était faite familière de cette menace, se laissant parcourir sans arborer le moindre stigmate.
Ce n’est pas la même histoire lorsque la brume rouge entre en contact avec des matières inertes, comme le bois coupé et taillé qui sert de matériau de base à la construction des habitations cenns. Celui-ci s’enflamme invariablement, tout comme le reste des meubles et autres installations… Afin de limiter les dégâts, les Cenns tapissent sols et murs avec de la mousse récoltée à la surface, qu’ils entretiennent régulièrement pour qu’elle demeure vive et verte. Celle-ci joue de ses propriétés pour repousser la chaleur brumique et son usage a pu sauver de nombreux villages. Malheureusement, comme il est très difficile d’en mettre partout, on ne peut éviter l’apparition de foyers d’incendie ici et là qu’il faut rapidement maîtriser après le passage de la brume.
Usage alchimique
La valeur alchimique de la Tarastre vient à la fois de sa rareté et de ses quelques propriétés puissantes qui font le bonheur des mélangeurs partout dans le Refuge. En récupérer expose les récolteurs à des risques élevés mais faciles à limiter pour peu qu’on se familiarise avec le comportement des tentacules rouges et qu’on soit équipé des bonnes protections. Les voiles de condensation pour la Tarastre sont semi-mobiles et ignifugées de pied en cap, tout comme les récolteurs qui s’en approchent. Le mieux est de les déployer proche du noyau de l’agrégat, où la brume est de meilleure qualité et plus concentrée.
De toute évidence, c’est la brume de prédilection pour tous les alchimistes recherchant des effets incandescents. La potion d’allume-feu par exemple, indispensable aux voyageurs, en est principalement constituée. Dans un usage domestique, elle est présente dans la plupart des préparations visant à maintenir la chaleur dans les foyers durant la Saison Figée. Elle fait également une bonne brume de combat, surtout lorsqu’il s’agit de repousser des créatures sensibles à la chaleur.
On lui connaît également d’intéressantes propriétés affaiblissantes, là aussi utiles en combat. Elle est d’ailleurs plus efficace dans ce domaine que la Sanerode et la Gooj, qui en sont surtout des activatrices.
On aime en utiliser dans les préparations à but d’allègement, car elle se marie très bien avec l’Obô, malgré leur autre connivence sur les effets de terreur. Cela demande de précises manipulations dont ne sont capables que les alchimistes les plus doués.
Glyphe alchimique pour la Tarastre
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