Obô
De toutes les brumes parcourant le domaine des Vèdres, l’Obô est de loin la plus spectaculaire. Rivalisant avec la Vradmat et ses affluents, ses rivières d’or éphémères dévalent plaines et falaises avec l’aisance de l’eau de source, et les lacs qu’elle façonne se transforment en spectacles à couper le Souffle.
Aspect & comportement
La gracieuse Obô est d’une robe jaune intense, particulièrement opaque. De près, on peut apercevoir de longs rubans dorés chatoyer paresseusement à l’intérieur. Elle est plus rare que la Ccun, et contrairement à celle-ci, est parfaitement silencieuse.
Tout comme d’autres brumes telle que la Sanerode, elle semble assujettie à la gravité et se comporte - en grande partie - comme de l’eau, formant depuis des sources en altitude de longs filaments aquatiques qui se séparent ou se rejoignent pour désescalader le paysage accidenté, jusqu’à stagner en creux de combe. Le vent, curieusement, ne semble pas avoir le moindre impact sur sa direction ou sa vitesse. Celle-ci est d’ailleurs assez lente pour être évitée si on l’a repérée assez tôt, mais implacable pour peu que l’on se laisse piéger dans sa trajectoire.
Lorsqu’elle ne trouve plus d’endroit où s’écouler, elle s’enroule et se rassemble dans les points bas, recouvrant parfois une vallée entière. Là, elle semble se condenser pendant parfois plus d’une heure avant que le phénomène d’évaporation ne commence. Les Vèdres appellent cela le “retour au ciel” et beaucoup aiment l’observer, à distance raisonnable. La surface stagnante de l’Obô devient irrégulière et ce qui ressemble à plusieurs excroissances brumeuses naissent ça et là, s’élevant peu à peu pour former autant de petits tourbillons ascendants. Le lac doré se vide ainsi, par le haut, acheminé par ces courants verticaux jusqu’aux nuages où la brume disparaît et se disperse.
Effets
Se faire surprendre par une rivière d’Obô n’est jamais une partie de plaisir. Celle-ci avale tout ce qui se trouve sur son passage et l’intègre à son flot tranquille. Ainsi, les pieds des imprudents quittent aussitôt le sol et il perdent l’équilibre pour se retrouver à flotter dans la brume épaisse qui les enveloppe comme un linceul. Il est quasiment impossible de s’en sortir tout seul - à moins d’un obstacle providentiel auquel s’accrocher - les victimes ne peuvent compter que sur une aide extérieure, qui consiste souvent à jeter des cordes dans le flot ou bien à tendre des perches.
Respirer l’Obô asphyxie, aussi la meilleure chance de survie est de se laisser dériver tout en gardant la tête hors du flux et tenter d’attraper quelque chose. Il peut être très difficile de repérer une victime dans cette brume du fait de son opacité intense. Le temps presse pourtant, car si celle-ci est entraînée jusqu’à ce que l’Obô forme un lac, elle est perdue : à ce moment-là, l’effet de concentration est tel qu’il l’entraîne inexorablement vers le fond et l’y maintient jusqu’à la complète évaporation, qui peut prendre plusieurs heures.
Les accidents sont malheureusement assez fréquents, car du fait de son parfait silence, l’Obô peut facilement surprendre, surtout la nuit. Les véléides ne sont d’ailleurs pas les seuls à être régulièrement emportés par les flots dorés : les lacs, après évaporation complète, laissent souvent dans les fonds de vallée de nombreux cadavres d’animaux.
Usage alchimique
Il est assez difficile de récolter de l’Obô sans être muni du bon équipement et sans être instruit de la bonne méthode : effectivement, ses rivières emporteront n’importe quelle voile classique. La solution trouvée par le peuple Vèdre, et plus spécifiquement de la tribu Ssab, est une installation en deux points d’ancrage : on s’accroche de part et d’autre du flot de brume et on tend des cordes qui soutiennent une voile-entonnoir se plaçant au centre. La mise en place d’un tel dispositif demande un très bon degré d’organisation et de coordination de la part des récolteurs, qui doivent être capables d’anticiper la trajectoire de la brume tout en agissant de concert en deux équipes solidaires.
Sur le marché alchimique, l’Obô est très intéressante pour toutes sortes de potions et d'élixirs à l’usage logistique quotidien. En effet, sa propriété principale est celle de l’allègement. Les véléides ont trouvé beaucoup de façons de s’en servir et certains seraient aujourd’hui bien embêtés de devoir s’en passer : quelques fioles d’envol correctement placées sur un attelage permettent de charger bien davantage les bêtes de somme, ou bien facilitent les travaux dans les centres urbains. Les Cenns ont pu s’en servir de temps en temps pour surélever certaines parties de leurs cités perchées dans les cimes, et les Vèdres de la classe des voltigeurs peinent à s’envoler si ils n’ont pas au préalable huilé leur équipement avec de telles essences. Inutile par ailleurs de mentionner les usages récréatifs possibles, ni par ailleurs les excentricités astucieuses des explorateurs les plus imprudents.
L’Obô sert également beaucoup dans les préparations à visée d’effet obscurcissant. Sa nature très opaque fournit effectivement une excellente base dans la préparation d’encres ou de fumigènes colorés. Attention au dosage cependant, on a pu réprimander certains jeunes scribes de Nepo pour une certaine histoire de parchemins flottant au plafond de la Bibliothèque Ensoleillée…
Enfin, on note l’efficacité de l’Obô dans l’alchimie de terreur, si elle est correctement travaillée, ainsi que, dans une moindre mesure, ses propriétés d’activations dans les effets incandescents.
Glyphe alchimique pour l'Obô
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