Jour de Conseil
"C'est impossible ! Nous ne pouvons définitivement pas faire confiance à ces barbares de l'ouest pour nous garantir un accès au littoral ! Ce serait hérésie que de le croire !"
L'Ayadat considéra longuement celui qui venait de parler, ses longs doigts joints devant sa bouche, puis émit un petit soupir pour elle-même : qu'étaient donc devenus ses anciens frères d'armes ?
Dans les paroles de Torvat, elle ne percevait maintenant que celles d'un couard, d'un homme résigné, résolu à la défaite et au renoncement. Où étaient-ils ces valeureux guerriers, où étaient-elles ces farouches Gardiennes d'Ayat auprès desquels elle avait versé son sang ?
Elle prit quelques inspirations pour calmer son agitation - il n'était pas question de se laisser distraire - et considéra les membres du Haut Conseil qui l'entouraient : à sa droite, Torvat toujours debout qui hésitait à se rasseoir, plus loin la courbure servile des épaules de Lotfi, puis la massive stature de Tarben le Barbu, Efensill occupait le bout de la table, ses sourcils arqués dans une expression de circonstance ; quant au groupe situé à sa gauche, il était composé de Talin à la crinière de feu, d'Orensill au visage de batracien, de Ragna la doyenne du Conseil et du calme Balsi.
Consciente que l'assemblée attend une réaction de sa part, l'Ayadat continue un moment de faire jouer ses doigts devant sa bouche et lève enfin son regard vers ceux qui l'entourent, balayant la tablée d'un regard sombre. Les uns et les autres se regardent, espérant ne pas attirer trop d'attention, les chaises raclent le sol, Torvat finit par se rasseoir, toutes et tous attendent un mot de leur chef.
"Tu as sans doute raison, Torvat : il nous est difficile de comprendre les réelles motivations de nos ennemis. Pourtant, Ayat ne nous a-t-elle pas toujours montré le chemin ? Celui vers la mer serait-il si différent de celui de l'Exil ? Quant à ceux que tu nommes "barbares", n'ont-ils pas eux aussi un foyer qu'ils veulent préserver et des êtres chers qu'ils veulent protéger ?
Joins-toi à moi, Torvat, pour que nous puissions ouvrir leurs yeux à la Lumière et que leur vie en soit à tout jamais transformée ! Joignez-vous tous à moi pour qu'ensemble nous fassions briller la Lumière d'Ayat dans les ténèbres de ces peuples égarés !"
Le temps d'un battement de coeur, les membres du Conseil restent sans voix puis, dans un mouvement quasi-simultané, ils portent leur poing à leur coeur et l'abattent violemment sur la table, signifiant ainsi leur accord unanime.
Dans les paroles de Torvat, elle ne percevait maintenant que celles d'un couard, d'un homme résigné, résolu à la défaite et au renoncement. Où étaient-ils ces valeureux guerriers, où étaient-elles ces farouches Gardiennes d'Ayat auprès desquels elle avait versé son sang ?
Elle prit quelques inspirations pour calmer son agitation - il n'était pas question de se laisser distraire - et considéra les membres du Haut Conseil qui l'entouraient : à sa droite, Torvat toujours debout qui hésitait à se rasseoir, plus loin la courbure servile des épaules de Lotfi, puis la massive stature de Tarben le Barbu, Efensill occupait le bout de la table, ses sourcils arqués dans une expression de circonstance ; quant au groupe situé à sa gauche, il était composé de Talin à la crinière de feu, d'Orensill au visage de batracien, de Ragna la doyenne du Conseil et du calme Balsi.
Consciente que l'assemblée attend une réaction de sa part, l'Ayadat continue un moment de faire jouer ses doigts devant sa bouche et lève enfin son regard vers ceux qui l'entourent, balayant la tablée d'un regard sombre. Les uns et les autres se regardent, espérant ne pas attirer trop d'attention, les chaises raclent le sol, Torvat finit par se rasseoir, toutes et tous attendent un mot de leur chef.
"Tu as sans doute raison, Torvat : il nous est difficile de comprendre les réelles motivations de nos ennemis. Pourtant, Ayat ne nous a-t-elle pas toujours montré le chemin ? Celui vers la mer serait-il si différent de celui de l'Exil ? Quant à ceux que tu nommes "barbares", n'ont-ils pas eux aussi un foyer qu'ils veulent préserver et des êtres chers qu'ils veulent protéger ?
Joins-toi à moi, Torvat, pour que nous puissions ouvrir leurs yeux à la Lumière et que leur vie en soit à tout jamais transformée ! Joignez-vous tous à moi pour qu'ensemble nous fassions briller la Lumière d'Ayat dans les ténèbres de ces peuples égarés !"
Le temps d'un battement de coeur, les membres du Conseil restent sans voix puis, dans un mouvement quasi-simultané, ils portent leur poing à leur coeur et l'abattent violemment sur la table, signifiant ainsi leur accord unanime.
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